Rencontre avec Maxence : Être adulte comme un enfant
- Hugo Lafont
- 10 janv.
- 14 min de lecture
Sous une pluie fine qui baignait la Place des Vosges en ce début de janvier 2025, nous avons rencontré Maxence pour un entretien rare, empreint de lumière et d’émotion. Avec une élégance mêlant confidences et légèreté, il s’est livré sur l’évolution de son parcours artistique, marqué par une transformation profonde dans sa manière de se percevoir et de se projeter dans la musique. De ses premiers pas en tant qu’« arpenteur » à l’affirmation pleine de son identité de chanteur et comédien, Maxence nous a confié les méandres d’un cheminement intérieur qui a donné naissance à son nouvel EP, Comme un enfant. Ce projet, placé sous le signe de la spontanéité, explore des thématiques intimes oscillant entre mélancolie et innocence.

© Pauline Mugnier
À l’aube de ses 30 ans, il nous invite à redécouvrir la force de la fragilité, partageant ses inspirations et son désir de simplicité. Entre réflexions sur l’enfance, l’amour, et sur les émotions que nous partageons tous, Maxence dévoile un regard sensible que la maturité a doté d’une honnêteté précieuse. À travers des collaborations marquantes et des sonorités qui lui sont chères, il offre des chansons comme autant de fenêtres ouvertes sur l’importance des moments vécus. Et en sa présence, cette importance résonnait avec l’intensité particulière des évidences. De celles que l’on ressent si fort qu’on en redevient innocent. Comme un enfant.
CNB : Maxence, si tu devais te présenter aujourd’hui, comment le ferais-tu ? Est-ce que cette présentation a changé depuis tes débuts ?
Maxence : Elle a totalement changé oui ! Avant j’étais un peu ce genre de gars qui « arpente », celui qui faisait un peu ce qui lui venait sans trop savoir où il allait atterrir. Maintenant, je peux déclarer haut et fort que je suis chanteur et comédien. On peut passer toute une vie à se chercher, et certains n’y parviennent jamais vraiment. Pour ma part, à l’approche de mes 30 ans, je pense pouvoir dire que je sais qui je suis et ce qui me plait. Je suis chanteur et comédien.
Tu te définis parfois comme un “troubadour 2.0” ou un “clown triste”. Ces étiquettes, ce mélange entre légèreté et gravité, te définissent-elles vraiment ou sont-elles une manière d’échapper aux cases trop simplistes ?
C’est un mélange des deux je pense. « Troubadour » venait directement du fait que tout un tas de choses me plaisaient et que ma vitrine était Internet, donc c’était compliqué de me définir. Je faisais du divertissement au sens large, puis on en est venu à mettre des mots sur les choses. Et je dis « clown triste » par écho, c’est une image qui a parlé à beaucoup de gens selon ce que je proposais ! Mon humour a toujours été teinté d’une certaine mélancolie, j’ai toujours fait les choses de cette manière. Et cette appellation, vu qu’il faut y en avoir une, me va plutôt bien.

© Pauline Mugnier
Tes chansons explorent justement cette tension entre la mélancolie et l’humour. C’est quelque chose d’intentionnel d’un point de vue artistique (jouer sur une ambiguïté qui fascine tes auditeurs), ou c’est juste ta manière naturelle de raconter les choses ?
Il n’y a aucune recherche, c’est vraiment de la pure spontanéité ! Avec du recul et de l’analyse, c’est le retour des gens qui m’a fait comprendre cette ambivalence dans ce que je proposais. Mais je n’y ai jamais vraiment réfléchi. J’écris principalement par besoin et de façon spontanée, je dépends en grande partie de mon inspiration, une sorte de mix entre sentiments passés et totale invention. Au début, je cherchais avant tout la poésie, la bonne formulation, et une certaine beauté dans l’écriture. Mais finalement, en ajoutant trop de couches, je finissais par perdre le sens profond de ce que je voulais exprimer. Maintenant je réfléchis moins à la forme, j’essaye de faire en sorte à ce que le fond dépasse instinctivement la forme.
Entre la comédie, la musique, et ta relation passée avec YouTube, comment arrives-tu à harmoniser toutes ces facettes de ton identité artistique ? Y a-t-il un fil rouge qui relie tout ?
C’est honnêtement pas facile de tout relier, et notamment par rapport à cette histoire d’étiquettes dont on parlait. On a besoin de cases et de catégories, c’est naturel, mais ça rend le processus d’harmonisation de soi justement pas mal compliqué. On me parle souvent de cette histoire avec YouTube, et je me retrouve régulièrement à répéter que mes amis sont mes seuls liens avec Youtube ! Je n’ai jamais été youtubeur en fait. Donc c’est un facteur qui peut compliquer les choses quand il s’agit de se vendre, j’essaye de rappeler un maximum que je suis chanteur et comédien avant tout. Mais la difficulté principale réside dans l’agenda et l’organisation. À nouveau, je suis animé par cette envie folle de tout simplement exercer une passion, donc il faut que je sache bien m’organiser. La musique et la comédie ont l’avantage d’être intimement reliées, il n’est que question d’interprétation, à la manière de vases communiquant. La scène m’aide à être plus confiant devant la caméra par exemple. Tout participe à me rendre plus sincère dans mes créations.
Tu évoques souvent l’idée de rester connecté à ton enfance et à une certaine forme d’innocence. C’est une source de créativité pour toi ou plutôt une manière de te protéger du monde adulte ?
Les deux, sans hésiter ! Mais c’est un instinct un peu universel. On entend souvent cette phrase : « Il ne faut jamais perdre son enfant intérieur », et je trouve qu’elle est particulièrement juste. Je la ressens profondément, surtout en raison de ma sensibilité, qui me rend facilement impressionné par le monde. Et c’est sans doute ce qui m’a permis de créer mon propre univers, en faisant toujours l’effort de préserver une certaine candeur, même à l’heure des responsabilités et du passage à l’âge adulte. La tâche, c’est de maintenant reconsidérer cet enfant intérieur, comme si je lui disais à présent de venir monter sur mes épaules plutôt que de rester enterré au fin fond de mon coeur. Que cette candeur m’aide à garder le sourire et à trouver du positif dans la vie de tous les jours. Si je perdais cette part de jeu, la vie serait bien morne et moins intéressante ! J’essaye d’intégrer cette philosophie dans toutes mes pratiques, que ce soit dans la musique ou la comédie. J’espère y arriver.

© Pauline Mugnier
Ton nouvel EP sorti ce 15 novembre dernier s’appelle Comme un enfant. Pourquoi ce titre et quelle symbolique il porte pour toi, au-delà de la chanson qui donne son nom au projet ?
C’est clairement relié à ce que je racontais juste avant. J’ai sorti cet EP à un moment de ma vie particulièrement responsabilisant, ce fameux cap de la trentaine qui peut parfois foutre un coup de pression. Ma vie était un peu chaotique, j’avais beaucoup de poids sur les épaules et une grosse dose d’anxiété par rapport à tout ça. Je pense que cette période est bien représentée dans la musique, avec des styles très différents mais qui, d’une certaine façon, finissent par s’entrelacer. Le côté « bordélique » vient aussi du fait que j’ai voulu garder la spontanéité des premières prises vocales et l’aspect brut de ce qu'on peut faire avec des synthés. J’ai vraiment cherché à être le plus authentique et immédiat possible. Même l’esthétique du projet reflète cette époque : la pochette, c’est une photo prise par ma chérie pendant un déménagement, juste au moment où je recevais une mauvaise nouvelle par téléphone. Mais au lieu de me laisser aller à la tristesse, j’ai voulu la faire rire avec mon chapeau. C’était ma façon de garder une attitude légère et de voir les choses avec un regard enfantin. Pour moi, ça illustre bien cette idée : la vie peut être difficile, mais on fait avec. On met son chapeau, on avance et on se souvient que, finalement, la vie, c’est un peu comme un jeu.
Dans quelle mesure Comme un enfant est-il un reflet de l’état d’esprit dans lequel tu te trouvais pendant sa création ? T’attendais-tu à ce que le projet ressemble à ce qu’il ressemble ?
Pas du tout, parce que dans cette même démarche bordélique, j’y ai mis des chansons que j’avais écrites depuis trois ans et d’autres que j’ai écrites au tout dernier moment. Je savais que je voulais sortir du son, ça faisait trois ans que je ne l’avais pas fait, et en même temps je voulais pas me prendre la tête sur un album, donc j’ai cristallisé cette période par un EP qui s’est conçu assez naturellement.
Comme tu disais, ce projet marque une période “bordélique” dans ta vie. As-tu des exemples de moments précis ou des émotions que tu as voulu capturer dans ces morceaux ?
La chanson « Bête de foire » porte vraiment bien son nom, car elle parle de ce moment où je me suis senti réduit à ça, comme une sorte de spectacle vivant. À ce moment-là, je me sentais vraiment comme ça. J’évoque notamment l’incertitude de ne pas savoir comment le public va réagir à ta musique lors d’un festival, et finalement, tu ignores souvent le lien que ce public entretient avec tes chansons. Tu n'as aucune idée de ce qui les fait réagir. C’est pour ça qu’à travers cette chanson, je dis un peu : « Même si vous me voyez comme une bête de foire, laissez-moi vous prouver que je suis aussi une bête de scène ! » Quant à « DU MAL », cette chanson représente une période où je me posais beaucoup de questions sur mon art, ma manière d’aborder la musique et l’écriture. Chaque morceau de l’EP peut être vu comme un tableau que je voulais peindre, capturant un instant précis de ma vie, une émotion que je voulais voir prendre forme à travers la musique.

© Pauline Mugnier
La spontanéité semble être un moteur de cet EP, dans les chansons comme dans leur production. Est-ce que tu vois cet EP comme une manière de te reconnecter avec une forme de simplicité, voire d’instinct par rapport à tes précédents projets ?
Absolument ! Avec mon premier album, j'avais besoin de prouver quelque chose, d'abord à moi-même. J'avais ce besoin de me sentir légitime et crédible sur le plan musical. C’est le genre de prise de conscience que tu fais un peu après coup, mais je pense que c’est pour ça que je l'ai voulu très travaillé, très riche en textures, sans featuring. Et je crois que, voilà, c’est accompli. Je ne dis pas que mon dernier EP est moins travaillé ou moins réfléchi, mais il reflète davantage ma confiance en moi en tant que chanteur et parolier, et je n’ai plus ce besoin de me prouver quoi que ce soit. C’est pour ça que je me suis ouvert à des collaborations, que je mise avant tout sur les rencontres et sur les moments partagés. C’est vraiment ce que j’essaie de traduire dans mes chansons : si je fais de la musique, c’est pour cristalliser des moments. J’ai envie que ce soit ça ma démarche. Parce qu’au final, quand tu prends du recul, ce qui a le plus de valeur, ce sont ces instants vécus. La musique, bien qu’impalpable, reste la meilleure façon de célébrer ces moments.
Dans Comme un enfant, tu explores des thématiques très variées. Par exemple, le duo avec Julien Doré sur la chanson-titre aborde une peur universelle mais intime : celle de perdre un parent. Comment cette collaboration est-elle née et qu’a-t-elle apporté à la chanson ?
C’est lui qui m’a un jour proposé de faire une chanson ensemble, et j’ai été vraiment honoré ! Je suis fan de lui depuis que j’ai 12 ans, quand il a remporté La Nouvelle Star. Je voyais un gars qui assume pleinement son excentricité, qui ne vient pas de Paris, qui explose tout… et je le trouvais incroyablement inspirant. Je me souviens avoir regardé ses prestations sur PSP, après qu’un pote me les ait téléchargées sur eMule, c’était mon lecteur MP4 à l’époque. Puis, la vie a fait qu’on a fini par bosser ensemble sur cette série (cf Panda), et j’étais trop content. Du coup, c’était vraiment logique qu’on collabore. J’ai écrit le texte de la chanson pour ma maman, et il parle de ce sentiment qui nous hante tous depuis tout petits : l’idée qu’un jour, elle ne sera plus là. C’est inimaginable à dire, mais c’est quelque chose que l’on ressent tous. Alors, je voulais en faire une chanson. Julien a adoré et il a ajouté sa touche, il l’a réadaptée à son expérience personnelle, puisqu'il a vécu quelque chose de similaire. Et ça a donné quelque chose de magnifique, avec une lecture différente, qui a enrichi la chanson. C’est très beau symboliquement, et c’est un superbe cadeau pour ma maman.
Dans « Squelette », tu parles d’introspection et de fragilité. Cette chanson semble aller très loin dans l’intime. D’où t’est-elle venue ?
Je voulais évoquer ces moments où tu as l'impression que la vie avance sans toi. Quand tu te sens presque comme un squelette, comme si ton corps s'animait mais que ce n’est pas vraiment toi qui le contrôles. C’est un sentiment que l’on peut tous vivre à un moment ou à un autre, sans pour autant que ça me concerne de manière générale. J’avais envie de retranscrire cette sensation où tu n’as parfois pas l’impression d’être à ta place, où tu te sens déconnecté, pas bien ancré dans le monde, et où tu aurais envie de tout recommencer.
Avec “Décevoir”, ton duo avec Lisa Pariente, on est dans quelque chose de plus sensuel et langoureux. C’était un terrain nouveau pour toi ? Comment as-tu travaillé sur cette chanson ?
Complètement nouveau pour moi ! Je voulais créer un morceau qui bouge dans ce style, un son très électro-pop, et c’était vraiment un exercice. Ce n'était pas forcément mes premières affinités musicales, et même si ça peut paraître un peu 'vieux routier', je viens de loin. À l’époque de « Parfum d’été », c'était un vrai challenge pour moi d’écrire des chansons joyeuses. Du coup, écrire quelque chose de dansant a été un petit défi, mais j’en avais vraiment envie. La thématique est venue assez naturellement : parler d’amour, même si c’est un peu cliché, il n’y a rien de mieux. Je voulais que ce soit un duo, et je suivais le parcours de Lisa, nos univers se rejoignaient un peu, donc ça m’a semblé super évident. C’était super de traiter cette thématique du « fuis-moi, je te suis » à deux, ça avait encore plus de sens. Et l’idée, c’était d’en faire quelque chose d’original et d’un peu sexy.
Si tu devais choisir une chanson dans l’EP qui te résume le mieux en ce moment, laquelle serait-ce et pourquoi ?
Je pense que c’est « Zéro ». Et oui, ça va très bien dans ma vie ! Mais c’est simplement parce que c’est la dernière que j’ai composée pour l’EP, je l’ai finie deux semaines avant de rendre les mix. C’est mes premières idées de topline, c’est quasi mes premières prises, donc elle symbolise un peu cette spontanéité que je recherche le plus en ce moment. J’en ai fait des choses spontanées dans ma vie, mais elle est clairement dans le top ! J’adore vraiment imaginer mes chansons comme des tableaux, je tente de leur donner à toutes un côté très visuel, et « Zéro » illustre vraiment cet enchevêtrement d’images que je recherche dans à représenter dans mes textes. J’aime que les chansons soient un peu cinématographiques et qu’elles t’appellent à des images. Ça définit pas mal ma manière de faire.

© Pauline Mugnier
Tu dis souvent que la musique est une forme de catharsis pour toi. Écrire ces morceaux a-t-il apaisé quelque chose en toi ou a-t-il révélé d’autres zones de fragilité ?
Plus que la dimension tragique et antique du mot catharsis, ici c’est vraiment dans son aspect thérapeutique que je l’entends. Mais oui, écrire ces morceaux m’a énormément aidé. Par exemple, à l’époque de « Poids lourd » sur mon précédent projet, j’étais sorti d’une rupture et j’étais au plus bas. Et juste après avoir écrit cette chanson, je me suis senti complètement libéré. Une sensation de libération incroyable ! C’est ce jour-là que j’ai vraiment pris conscience de la puissance des mots. Mais même si tout va très bien dans ma vie aujourd’hui, certaines chansons, comme « Zéro », montrent qu’il y a des moments où on a besoin de replonger dans des émotions sombres pour mieux les purger. Et ça aussi, c’est libérateur. Parfois, je sens qu’il y a quelque chose qui traîne en moi, une sensation que je veux évacuer, alors j’écris là-dessus, et ça me fait vraiment du bien.
Écrire, c’est un peu comme frapper dans un sac de frappe ou faire du sport, ça fonctionne de la même manière. Je ne sais pas si cela révèle une forme de fragilité de ma part, mais en tout cas, ça la révèle aux yeux des autres. J’ai toujours eu du mal à me dévoiler, j’ai souvent eu besoin de me cacher derrière des masques, mais aujourd’hui j’en ressens moins le besoin. Je me fous de plus en plus du regard des autres. J’ai grandi dans un environnement de confiance, et maintenant, c’est plus une question d’accepter ma fragilité, ce qui, paradoxalement, contribue à me renforcer davantage. La fragilité rend humain, et c’est encourageant de l’entendre être de plus en plus valorisée aujourd’hui. On est tous super fragiles, et plus on l’assume, plus ça va faire écho aux gens.
Entre ton premier EP et celui-ci, qu’est-ce qui a le plus évolué dans ta manière de concevoir la musique ?
Ce masque dont je parlais justement. Il est tellement moins présent ! Je suis plus naturel et moins prise de tête, je dis pas qu’à l’époque je ne cherchais pas à l’être, mais c’est clair que j’arpentais plus qui j’étais qu’aujourd’hui. Maintenant je veux mettre au dessus de tout dans mon prisme les rencontres, les échanges, l’humanité, la fragilité, la spontanéité. C’est ça qui m’anime, c’est une volonté qui est devenue extension de moi-même. Je ne veux plus simplement faire de belles chansons, je veux maintenant faire ce qui me fait kiffer.
Tu dis que la scène est l’endroit où tu te sens le plus vivant. Comment veux-tu que cet EP prenne vie en live ? Y a-t-il des idées ou des envies particulières que tu souhaites réaliser pour ta tournée ?
Il y a une vraie différence entre ce que je veux faire et ce que je peux faire ! Mais ce qui est sûr, c’est que j’ai vraiment envie de continuer à être le plus vivant possible sur scène. C’est un espace d’échange incroyable. Pour moi, la scène, c’est plus du « donnant-donnant » que du « donnant-recevant ». C’est comme ça que je préfère la vivre. J’adore cette idée d’interaction, où on se retrouve tous ensemble, comme dans une grande chambre, et où je suis là pour faire le spectacle. C’est un moment partagé, où on est tous dans le même bateau. Mon but, c’est que le public ressente la même euphorie que moi. En gros, je veux que chaque moment passé sur scène soit unique, que la musique prenne une autre forme en live, différente de celle du studio. Et pour tout ce qui est technique et concret, je préfère garder la surprise… J’ai vraiment hâte que cette tournée commence. La scène reste, pour moi, la plus belle façon d’exprimer son art.

© Pauline Mugnier
Tu sembles très attaché à l’idée de mémoire et de nostalgie, notamment à travers ton regard sur l’enfance et les années 2000. Que reste-t-il de l’enfant que tu étais dans l’artiste que tu es devenu ?
Mon regard sur les choses certainement, et cela se reflète notamment dans mes paroles. Par exemple, la phrase « J’ai mis la chemise dans laquelle je suis beau » dans « Zéro », c’est sans doute une manière pour moi de laisser transparaître l’enfant qui est encore là, en moi. Même dans ma voix, il y a ce petit quelque chose d’instinctivement juvénile. Musicalement, je me rapproche aussi des sonorités que j’écoutais enfant et adolescent : des synthés plus abrasifs, des sonorités typiques des années 2000. C’est quelque chose que j’ai particulièrement aimé dans « Squelette », avec ces gros synthés puissants à la fin. Parfois, je me prends la tête en me disant que bientôt j’aurai 30 ans et que mes chansons ont parfois l’air de venir d’un adolescent de 14 ans au collège. C’est un vrai casse-tête, parce que je ne sais pas toujours dans quelle temporalité me situer. Mais c’est aussi ce qui permet à beaucoup de gens de se retrouver dans mes chansons. Parce qu’au fond, même les plus adultes d’entre nous restent un peu l’enfant qu’ils étaient. Et je trouve ça étrangement encourageant.
Dans 10 ans, quel souvenir aimerais-tu que cet EP laisse à ceux qui l’écoutent aujourd’hui ? Penses-tu qu’il soit doublement symptomatique de qui tu es aujourd’hui et du son de notre époque ?
Ce serait un peu présomptueux de ma part de qualifier cet EP de symbole du son de l’époque, même s’il intègre des codes contemporains. Cependant, j’espère que les gens garderont un beau souvenir de ce projet, et qu’en dix ans, ils l’écouteront avec nostalgie. J’espère aussi qu’ils continueront à m’écouter et qu’ils auront l’impression que je progresse à chaque nouveau projet ! J’ai bien intérêt à toujours me surpasser.
Et ça, difficile d’en douter…
Maxence est à retrouver en tournée dans toute la France en mars et en avril 2025, avec une date exceptionnelle au Trianon le 12 avril : https://www.fnacspectacles.com/noapp/event/19169466/?affiliate=FG2&source=ea
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